dimanche 20 septembre 2026

Beck 'Ride Lonesome' : Sombre, intime… et absolument superbe

Pas de loufoquerie, pas de crossover de styles à tout-va : avec Ride Lonesome, son 15éme opus, Beck nous livre un album très intime, acoustique et sombre, ponctué de quelques beaux rayons de soleil.

Un de ces albums très personnels qui rappellent Sea Change (2002) ou Morning Phase (2014).

Pour vous situer l’ambiance musicale, l’ombre de Nick Drake plane tout au long du disque, notamment sur In The Night ou Disappearing Act. On retrouve également des réminiscences de Procol Harum et de son mythique A Whiter Shade of Pale sur Beyond The Light, tandis que les Rolling Stones ne sont jamais très loin sur If You Don’t Know What Love Is, qui évoque par moments Wild Horses. Le presque religieux For Your Love nous offre un moment de grâce absolu.

Comme si Beck prolongeait l'esprit de sa reprise des Korgis, Everybody’s Got to Learn Sometime (en 2004)…dans un grand voyage de douze titres.

Le résultat est un album nostalgique, mélancolique et profondément introspectif. À l'opposé de certains de ses disques plus fun, foutraques ou lumineux, on retrouve ici la facette la plus sombre et la plus fragile de Beck.

Et c’est absolument superbe.

La présence de nombreuses cordes autour d’une folk assez minimaliste donne à l'ensemble un côté à la fois classieux et chaleureux, soutenu par une production particulièrement élégante.

Sans oublier les touches country et la guitare pedal steel, très présentes tout au long de l'album, qui accentuent encore son côté cinématographique et donnent parfois l'impression de traverser de grands espaces américains.

Beck lui-même décrit ce nouvel album comme ‘une sorte de voyage acoustique au ralenti, entre crépuscule, désert du Mojave et transe émotionnelle’.

Et ce retour à cette veine n'est pas totalement un hasard : Ride Lonesome retrouve plusieurs musiciens qui avaient accompagné Beck sur Sea Change, Morning Phase et Mutations. L'album est produit par Beck et mixé par Nigel Godrich, déjà aux commandes de Sea Change.

Avec Ride Lonesome, Beck signe donc un album qui semble regarder davantage dans le rétroviseur que vers l'expérimentation. Un disque de solitude, de perte et de mélancolie, mais jamais complètement désespéré.

Note : 4,3 / 5

À écouter : Ride Lonesome, In The Night, For Your Love


 

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