À l’époque, un peu lassé des ondes françaises, j’écoutais massivement les radios digitales US — KROQ, à L.A. ou celles de la côte Est comme WAAF. Qu’est-ce que j’ai pu y découvrir comme perles… Ah, ce n’est pas Oui FM !
J’avais notamment été scotché par Plans de Death Cab (2005) tout simplement sublime. Une perle.
Une sorte de Grace de Jeff Buckley pour les années 2000. Des chansons marquantes, un enchaînement tout en grâce — si je puis me permettre — et cette magie qui ressort parfois d’un disque, comme cela arrive rarement.
Alors forcément, ce samedi 3 octobre, quand Death Cab For Cutie revient en France pour défendre son nouvel album, I Built You a Tower, je veux être là. Je les avais toujours loupé.
Plus de place.
Je me pointe quand même devant l’Élysée-Montmartre et, miracle, je tombe sur un revendeur très sympa — big up à Adams — qui me vend une place à moitié prix, 20 minutes avant le concert !
Quel bonheur de retrouver l’Élysée-Montmartre
Quel bonheur aussi de revenir dans ma salle préférée. Ça faisait longtemps.
Et je n’ai pas tardé à retrouver les bonnes vieilles sensations : pouvoir se balader tranquillement le long des célèbres « poteaux », à droite ou à gauche, et se rapprocher au plus près de la scène…
Concernant le concert, première bonne surprise : le son est cri-sta-lin.
Propre, clair, précis, tout en restant puissant. Exactement ce qu’il fallait pour apprécier les subtilités du groupe.
Et puis Death Cab For Cutie m’a semblé en grande forme.
Ben Gibbard, la cinquantaine naissante, est affûté comme jamais. Et avec ses faux airs de Christopher Nolan, quelle transformation depuis les débuts du groupe !
Si, si… look (vers 2003) :
Une énergie que je n’attendais pas
Sur scène, je ressens immédiatement une vraie énergie, qui se décuple dès les premières mesures de The New Year, formidable morceau culte de Transatlanticism (2003), joué assez tôt dans le concert.Je m’attendais à voir un groupe plutôt statique, en mode indie rock classique.
Pas du tout.
C’est même parfois limite du Pearl Jam de la grande époque : ça court aux quatre coins de la scène, ça bouge, ça joue avec une véritable envie.
Le concert monte progressivement en puissance, devant un parterre de fans majoritairement anglais et américains.
À côté de moi, un jeune Anglais d’origine indienne ou pakistanaise, sapé en jogging et casquette, chante toutes les paroles comme un fou.
Je trouve ça beau. Et touchant.
Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne l'attendais pas là ? Sensation stupide de ma part. Mais il me touche.
Ce genre de moment fait aussi partie d’un concert.
Puis Death Cab For Cutie commence à nous achever…
Et là, 4 morceaux assez fous s’enchaînent.
Le sublime What Sarah Said — j’ai versé ma petite larme tellement c’était beau.
Puis le populaire I Will Follow You Into the Dark, repris par toute la salle.
L’intense I Will Possess Your Heart et enfin le groovy-pop Grapevine Fires qui, pour moi, nous fait atteindre un premier sommet émotionnel.
Et après ça, on ne redescend plus.
Mention spéciale évidemment aux « tubes » de Plans, Crooked Teeth et Soul Meets Body, eux aussi repris à pleins poumons par le public.
Un final bouleversant
Et puis arrive le rappel. Death Cab For Cutie nous offre quelques titres plus intimistes avant de repartir vers des envolées émotionnelles et épiques.
Le superbe Tiny Vessels notamment.
Puis Transatlanticism, évidemment.
Et ce refrain :
I need you so much closer…
Une façon bouleversante de terminer le concert.
Simple : je suis sorti heureux de ce concert.
Très heureux, même.
Après avoir attendu Death Cab For Cutie pendant près de vingt ans, je peux enfin cocher cette case.
Ca valait le coup d’attendre.
la setlist :
- Riptides
- Roman Candles
- The New Year
- Punching the Flowers
- The Ghosts of Beverly Drive
- Black Sun
- I Built You a Tower
- Photobooth
- Pep Talk
- What Sarah Said
- I Will Follow You Into the Dark
- I Will Possess Your Heart
- Grapevine Fires
- Stone Over Water
- How Heavenly a State
- Cath...
- Crooked Teeth
- Trap Door
- You Are a Tourist
- Soul Meets Body
Encore :
- Title Track
- Marching Bands of Manhattan Transatlanticism
- Tiny Vessels
- Transatlanticis
Et enfin, pour vous partager mes larmes, 'What Sarah Said' si vous ne la connaissez pas :











