lundi 5 octobre 2026

Death Cab For Cutie à l’Elysée-Montmartre : setlist & review

 

Je rêvais de voir Death Cab For Cutie depuis que j’avais découvert le groupe, au milieu des années 2000, sur les radios américaines.

À l’époque, un peu lassé des ondes françaises, j’écoutais massivement les radios digitales US — KROQ, à L.A. ou celles de la côte Est comme WAAF. Qu’est-ce que j’ai pu y découvrir comme perles… Ah, ce n’est pas Oui FM !

J’avais notamment été scotché par Plans de Death Cab (2005) tout simplement sublime. Une perle.

Une sorte de Grace de Jeff Buckley pour les années 2000. Des chansons marquantes, un enchaînement tout en grâce — si je puis me permettre — et cette magie qui ressort parfois d’un disque, comme cela arrive rarement.

Alors forcément, ce samedi 3 octobre, quand Death Cab For Cutie revient en France pour défendre son nouvel album, I Built You a Tower, je veux être là. Je les avais toujours loupé.

Plus de place.

Je me pointe quand même devant l’Élysée-Montmartre et, miracle, je tombe sur un revendeur très sympa — big up à Adams — qui me vend une place à moitié prix, 20 minutes avant le concert !

Quel bonheur de retrouver l’Élysée-Montmartre

Quel bonheur aussi de revenir dans ma salle préférée. Ça faisait longtemps.

Et je n’ai pas tardé à retrouver les bonnes vieilles sensations : pouvoir se balader tranquillement le long des célèbres « poteaux », à droite ou à gauche, et se rapprocher au plus près de la scène…

Concernant le concert, première bonne surprise : le son est cri-sta-lin.

Propre, clair, précis, tout en restant puissant. Exactement ce qu’il fallait pour apprécier les subtilités du groupe.

Et puis Death Cab For Cutie m’a semblé en grande forme.

Ben Gibbard, la cinquantaine naissante, est affûté comme jamais. Et avec ses faux airs de Christopher Nolan, quelle transformation depuis les débuts du groupe !

Si, si… look (vers 2003) : 

Une énergie que je n’attendais pas

 Sur scène, je ressens immédiatement une vraie énergie, qui se décuple dès les premières mesures de The New Year, formidable morceau culte de Transatlanticism (2003), joué assez tôt dans le concert.

Je m’attendais à voir un groupe plutôt statique, en mode indie rock classique.

Pas du tout.

C’est même parfois limite du Pearl Jam de la grande époque : ça court aux quatre coins de la scène, ça bouge, ça joue avec une véritable envie.

Le concert monte progressivement en puissance, devant un parterre de fans majoritairement anglais et américains.

À côté de moi, un jeune Anglais d’origine indienne ou pakistanaise, sapé en jogging et casquette, chante toutes les paroles comme un fou.

Je trouve ça beau. Et touchant.

Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne l'attendais pas là ? Sensation stupide de ma part. Mais il me touche.

Ce genre de moment fait aussi partie d’un concert.

Puis Death Cab For Cutie commence à nous achever…

Et là, 4 morceaux assez fous s’enchaînent.

Le sublime What Sarah Said — j’ai versé ma petite larme tellement c’était beau.

Puis le populaire I Will Follow You Into the Dark, repris par toute la salle.

L’intense I Will Possess Your Heart et enfin le groovy-pop  Grapevine Fires qui, pour moi, nous fait atteindre un premier sommet émotionnel.

Et après ça, on ne redescend plus.

Mention spéciale évidemment aux « tubes » de Plans, Crooked Teeth et Soul Meets Body, eux aussi repris à pleins poumons par le public.


 

Un final bouleversant

Et puis arrive le rappel. Death Cab For Cutie nous offre quelques titres plus intimistes avant de repartir vers des envolées émotionnelles et épiques.

Le superbe Tiny Vessels notamment.

Puis Transatlanticism, évidemment.

Et ce refrain :

I need you so much closer…

Une façon bouleversante de terminer le concert.

Simple : je suis sorti heureux de ce concert.

Très heureux, même.

Après avoir attendu Death Cab For Cutie pendant près de vingt ans, je peux enfin cocher cette case.

Ca valait le coup d’attendre.

la setlist :  

  • Riptides
  • Roman Candles
  • The New Year
  • Punching the Flowers
  • The Ghosts of Beverly Drive
  • Black Sun
  • I Built You a Tower
  • Photobooth
  • Pep Talk
  • What Sarah Said
  • I Will Follow You Into the Dark
  • I Will Possess Your Heart
  • Grapevine Fires
  • Stone Over Water
  • How Heavenly a State
  • Cath...
  • Crooked Teeth
  • Trap Door
  • You Are a Tourist
  • Soul Meets Body

Encore :

  • Title Track
  • Marching Bands of Manhattan Transatlanticism
  • Tiny Vessels
  • Transatlanticis

 Et enfin, pour vous partager mes larmes, 'What Sarah Said' si vous ne la connaissez pas :


 

lundi 28 septembre 2026

Pearl Jam à Ohana : review du concert avec Abe Laboriel Jr., le nouveau batteur ?

Deux jours après son apparition surprise derrière les fûts de Pearl Jam, Abe Laboriel Jr. est de nouveau monté sur scène avec le groupe au festival Ohana, en Californie.

Un concert chargé d’émotion

Pearl Jam monte sur scène à 20h16, devant un public déjà chauffé à blanc. Eddie Vedder commence par rendre hommage à Glen Hansard. Une vidéo réunissant les deux artistes est diffusée avant Long Road, donnant immédiatement une émotion palpable à la soirée.

Le groupe enchaîne avec Given To Fly, puis Daughter, agrémenté des snipets de Bad de U2 (hommage aux 50 ans du groupe et l'annonce récente de la sortie d'un nouvel album) et Down On Our Knees de Glen Hansard.

les titres s'enchaînent.

Why Go, React, Respond, Dissident, Even Flow…

Sur Even Flow, justement, Abe Laboriel Jr. commence à montrer sa 'patte' et on ressent certaines différences côté batteries (bridge-tunnel de batterie en mode 'tribal' juste après le solo de mcCready au milieu de la chanson). Son jeu ne ressemble pas à celui de Matt Cameron, forçèment. Il y a une  approche différente, qui donne à certains classiques une nouvelle dynamique, c'est vrai. Ce n'est pas un batteur 'Rock' à proprement parlé. C'est trés pro et technique. Mais pas tout à fait en place et ça manque d'un peu d'explosivité d'après moi. 

Billy Strings rejoint Pearl Jam

Après Wreckage, Billy Strings rejoint Eddie Vedder pour une version acoustique de Elderly Woman Behind The Counter In A Small Town. Puis ils enchaînent avec Throw Your Hatred Down de Neil Young.

Pearl Jam repart à pleine puissance avec Running, Jeremy et Black.

Eddie Vedder présente Abe Laboriel Jr.

 

Eddie Vedder s'arrête pour remercier publiquement Abe Laboriel Jr. Le public commence alors à scander son nom. Vedder remercie même Paul McCartney de lui avoir « prêté » Abe.

Et surtout, il lâche cette phrase :

« You can't have a good band without a good drummer. »

Puis, pendant Better Man, Vedder dédie à Abe la fameuse phrase :

« Can't find a better man. »

Difficile de faire beaucoup plus explicite. Pour autant, toujours pas d'officialisation en vue.

Un final en forme de fête

Après Alive, Pearl Jam revient pour un rappel avec Setting Sun, puis Rockin' In The Free World de Neil Young. Billy Strings revient sur scène, Mike McCready descend dans le public et le légendaire Yellow Ledbetter vient clôturer la soirée.

Finalement 24h plus tard, le groupe sort le communiqué suivant sur les réseaux sociaux.

On retiendra surtout les deux derniers paragraphes, traduits ci-dessous, dans lequels Eddie Vedder n'officialise pas vraiment l'arrivée de Abe Laboriel Jr. dans le groupe.

trad: 

Je voulais également adresser nos remerciements tout particuliers à Abe Laboriel Jr., qui a joué de la batterie avec PJ. Ce fut un vrai plaisir de jouer avec lui, et il est évidemment extraordinaire dans ce qu’il fait.

Ce mec travaille dur et JOUE dur.

Ce n’est pas étonnant qu’il accompagne depuis des décennies le Maestro ultime, Paul McCartney, et son groupe absolument incroyable.

Merci infiniment pour ce week-end, Abe.

Bref, un concert riche en émotions, et en mystère...

La setlist : 


 


mardi 22 septembre 2026

L’étonnante histoire du tube oublié, écrit et produit par Michael Jackson

En 1984, Michael Jackson est la plus grande star mondiale. Thriller l’avait transformé en phénomène planétaire et tout ce qui portait son nom était devenu très convoité.

Pourtant, au milieu des collaborations prestigieuses et de tous ses hits, MJ travaillait aussi discrètement sur une chanson destinée à l’un des membres de sa propre famille. Un titre qui allait devenir l’un des morceaux ‘cultes’ les plus singuliers des années 80.

Cette chanson, c’était « Centipede », le titre phare du premier album solo de Rebbie Jackson, la sœur aînée de Michael. Sorti en septembre 1984, le morceau a été écrit, produit et arrangé par Michael, qui assure également les chœurs. Rebbie interprète le chant principal, tandis que The Weather Girls, Martha Wash et Izora Armstead, apportent des voix supplémentaires.

Quatre décennies plus tard, son mélange de synth-funk, ses nappes soul-pop, son imagerie kitch et la touche reconnaissable de Michael Jackson en font un témoignage particulièrement fascinant de cette période où l’artiste était au sommet de son règne.


 L’histoire de « Centipede » commence avec Rebbie, qui fut la dernière des frères et sœurs Jackson à sortir un album solo.

Contrairement à Michael et à plusieurs de ses frères et sœurs, elle ne s’était pas immédiatement lancée dans une carrière musicale. Certes, elle avait été choriste et était apparue aux côtés de sa famille, mais elle élevait également ses enfants et avait suivi un parcours très différent.

Lorsque Rebbie commença finalement à préparer son premier album, Michael intervint avec une chanson spécialement écrite pour elle.

La chanson fut enregistrée en 1984 aux studios Yamaha International Recording, à Glendale, en Californie, ainsi qu’au Widetrack Recording Studio, à Los Angeles.

Michael ne s’est pas contenté de donner la ‘compo’ à sa sœur : il a produit le morceau, l’a arrangé et a chanté les chœurs, donnant au titre une teneur unique, véritable mémoire de ce ‘SON’ – comme une pépite d’or que l’on recherche - sur lequel il travaillait entre les albums Thriller (1982) et Bad (1987).

L’ensemble est immédiatement reconnaissable ; avec cette griffe tellement 80ies, et ces paroles ‘so strange’ qui évoquent un désir amoureux et sexuel intense à travers la métaphore d’un mille-pattes rampant à travers une fenêtre ( !!).

Dans une interview accordée en 2010 et publiée sur JacksonVillage.org, Rebbie avouait qu’elle avait en réalité appris les paroles de « Centipede » pendant qu’elle enregistrait la chanson.

Elle décrivait également Michael comme étant « incroyable » en studio, insistant sur ses qualités de producteur, de chanteur, d’auteur-compositeur (OK on le savait déjà !), et expliquant que le morceau avait été écrit spécialement et pour elle.

Lorsque « Centipede » est sorti, Thriller dominait encore le paysage musical. Dans le même temps, Jackson écrivait et faisait des featurings sur les disques d’autres artistes, comme le fameux et angoissant « Somebody’s Watching Me » de Rockwell.

 « Centipede » est devenu le plus grand succès de Rebbie Jackson et le seul single de sa carrière à intégrer le Top 40 du Billboard Hot 100. Il sera finalement certifié disque d’or aux États-Unis. Puis on n‘entendra plus jamais parler de Rebbie Jackson, enfin tout du moins en France.

Depuis ce titre a acquis le statut de ‘culte’ et revient régulièrement dans les discussions consacrées au tubes oublié des années 80 et aux contributions les moins connues de Michael Jackson. 

C’est une véritable ‘perle’, assez éloignée du reste de l’album, plutôt très moyen. Il nous rappelle que l’influence de Michael Jackson dans les années 80 dépassait largement ses propres albums.

Et si MJ avait choisi de garder 'Centipede' pour lui ?

The Rolling Stones : « Start Me Up » aurait pu être… un morceau reggae !

Lorsque les Stones commencent à travailler sur cette chanson à la fin des années 70, ils l'abordent notamment sous une approche reggae.

Le reggae – en plein boum - influence déjà leur son (‘Cherry Oh baby’, ‘Hey Negrita’ sur Black and Blue en 1976, ou encore ‘Send it to me’ sur ‘Emotional Rescue’ en 1980) et le groupe aime expérimenter en studio.

 

Le groupe va multiplier les prises, avec des rythmes reggae, sans parvenir à trouver la bonne formule.

Les premières sessions remontent probablement à 1977, lors du travail autour de Some Girls, même si Keith Richards pense que cela date de 1980, pendant les sessions de Emotional Rescue. Sur la chronologie exacte, les récits divergent.

Keith Richards expliquera que le groupe pouvait jouer « Start Me Up » encore et encore en studio, en restant accroché à sa structure très simple, basée sur seulement quelques accords, tout en testant différents rythmes. Le titre de travail du morceau était d’ailleurs « Never Stop » (!).

Finalement le groupe finit par mettre le morceau de côté.

Pour Tattoo You, sorti en 1981, les Rolling Stones vont largement puiser dans leurs archives. L'album est en effet constitué en grande partie d'enregistrements plus anciens, restés inachevés ou inédits.

« Start Me Up » ressort alors des cartons.

Le groupe reprend une ancienne prise (la 2éme plus précisément !) et abandonne finalement l'approche reggae pour revenir à un rythme Rock beaucoup plus direct et nerveux.

Et ça marche ! Le riff de Keith Richards, la rythmique implacable et la voix de Mick Jagger donnent naissance au morceau que l'on connaît aujourd'hui.

« Start Me Up » devient le premier single de Tattoo You et l'un des plus grands tubes de la carrière des Stones.


 

lundi 21 septembre 2026

Slayer « Repentless » sorti il y a 11 ans : retour sur le dernier album du groupe


Nous étions en septembre 2015, Slayer sortait « Repentless », son 11e album studio.
À l'époque, j'avais évidemment publié ma chronique sur SPARK.

Onze ans plus tard, alors que l'album est devenu le dernier disque studio de l'histoire du groupe, retour dans les archives du blog pour relire ce que j'en pensais à sa sortie.

Et visiblement, j'avais quelques petites choses à lui reprocher…

NOTE : 2,5 / 5

"Rien de spécial dans le 11éme et nouvel album de Slayer.
La pochette est somptueuse, certes, mais les riffs sont plutôt redondants, sans être géniaux ou explosifs comme à l'accoutumé.
Pas grand chose à dire au final. Il fallait s'en douter, l'absence de Jeff Hanneman pèse. J'attendais beaucoup de Paul Bostaph, batteur survitaminé, à la frappe qui claque...déjà présent dans le quatuor de Los Angeles entre 1992 et 2002. Mais il n'est pas plus convaincant que ça, et le mix de batterie me paraît un brin bizarre. A des années lumières du festival 'Divine Intervention' ou le métronome feu d'artifice de 'Undisputed attitude'.
Reste quelques bons morceaux tels que 'Repentless', 'Cast the Stillness Comes', le rouleau compresseur 'Vices' ou encore l'ultra efficace 'Take Control' (mon morceau préféré).
Jetez un oeil (un peu plus bas) sur la vidéo de 'Repentless', où le groupe n'a vraiment pas fait dans la dentelle.
L'énergie est quand même là, et  un Slayer même 'moyen' mérite toujours la moyenne.
Cela fait quasi 10 ans que le groupe n'a pas sorti un bon album (2001 : le très hardcore 'God hate us all'). Préoccupant tout de même."

...et le clip de Repentless ci dessous  Featuring un paquet d'acteurs de films d'horreur et série B :
Derek Mears ("Predators", "Friday The 13th"), Tyler Mane ("Halloween"), Jason Trost ("Hatchet III"), Danny Trejo ("Machete", "From Dusk Till Dawn"), Tony Moran ("Halloween"'s Michael Myers, "American Poltergeist"), Sean Whalen ("Men In Black", "Halloween II"), and Vernon Wells ("Mad Max 2", "Commando", "Weird Science").

Tout en délicatesse (effets gores à gogo).