mardi 22 septembre 2026

L’étonnante histoire du tube oublié, écrit et produit par Michael Jackson

En 1984, Michael Jackson est la plus grande star mondiale. Thriller l’avait transformé en phénomène planétaire et tout ce qui portait son nom était devenu très convoité.

Pourtant, au milieu des collaborations prestigieuses et de tous ses hits, MJ travaillait aussi discrètement sur une chanson destinée à l’un des membres de sa propre famille. Un titre qui allait devenir l’un des morceaux ‘cultes’ les plus singuliers des années 80.

Cette chanson, c’était « Centipede », le titre phare du premier album solo de Rebbie Jackson, la sœur aînée de Michael. Sorti en septembre 1984, le morceau a été écrit, produit et arrangé par Michael, qui assure également les chœurs. Rebbie interprète le chant principal, tandis que The Weather Girls, Martha Wash et Izora Armstead, apportent des voix supplémentaires.

Quatre décennies plus tard, son mélange de synth-funk, ses nappes soul-pop, son imagerie kitch et la touche reconnaissable de Michael Jackson en font un témoignage particulièrement fascinant de cette période où l’artiste était au sommet de son règne.


 L’histoire de « Centipede » commence avec Rebbie, qui fut la dernière des frères et sœurs Jackson à sortir un album solo.

Contrairement à Michael et à plusieurs de ses frères et sœurs, elle ne s’était pas immédiatement lancée dans une carrière musicale. Certes, elle avait été choriste et était apparue aux côtés de sa famille, mais elle élevait également ses enfants et avait suivi un parcours très différent.

Lorsque Rebbie commença finalement à préparer son premier album, Michael intervint avec une chanson spécialement écrite pour elle.

La chanson fut enregistrée en 1984 aux studios Yamaha International Recording, à Glendale, en Californie, ainsi qu’au Widetrack Recording Studio, à Los Angeles.

Michael ne s’est pas contenté de donner la ‘compo’ à sa sœur : il a produit le morceau, l’a arrangé et a chanté les chœurs, donnant au titre une teneur unique, véritable mémoire de ce ‘SON’ – comme une pépite d’or que l’on recherche - sur lequel il travaillait entre les albums Thriller (1982) et Bad (1987).

L’ensemble est immédiatement reconnaissable ; avec cette griffe tellement 80ies, et ces paroles ‘so strange’ qui évoquent un désir amoureux et sexuel intense à travers la métaphore d’un mille-pattes rampant à travers une fenêtre ( !!).

Dans une interview accordée en 2010 et publiée sur JacksonVillage.org, Rebbie avouait qu’elle avait en réalité appris les paroles de « Centipede » pendant qu’elle enregistrait la chanson.

Elle décrivait également Michael comme étant « incroyable » en studio, insistant sur ses qualités de producteur, de chanteur, d’auteur-compositeur (OK on le savait déjà !), et expliquant que le morceau avait été écrit spécialement et pour elle.

Lorsque « Centipede » est sorti, Thriller dominait encore le paysage musical. Dans le même temps, Jackson écrivait et faisait des featurings sur les disques d’autres artistes, comme le fameux et angoissant « Somebody’s Watching Me » de Rockwell.

 « Centipede » est devenu le plus grand succès de Rebbie Jackson et le seul single de sa carrière à intégrer le Top 40 du Billboard Hot 100. Il sera finalement certifié disque d’or aux États-Unis. Puis on n‘entendra plus jamais parler de Rebbie Jackson, enfin tout du moins en France.

Depuis ce titre a acquis le statut de ‘culte’ et revient régulièrement dans les discussions consacrées au tubes oublié des années 80 et aux contributions les moins connues de Michael Jackson. 

C’est une véritable ‘perle’, assez éloignée du reste de l’album, plutôt très moyen. Il nous rappelle que l’influence de Michael Jackson dans les années 80 dépassait largement ses propres albums.

Et si MJ avait choisi de garder 'Centipede' pour lui ?

The Rolling Stones : « Start Me Up » aurait pu être… un morceau reggae !

Lorsque les Stones commencent à travailler sur cette chanson à la fin des années 70, ils l'abordent notamment sous une approche reggae.

Le reggae – en plein boum - influence déjà leur son (‘Cherry Oh baby’, ‘Hey Negrita sur Black and Blue en 1976, ou encore ‘Send it to me’ sur ‘Emotional Rescue en 1980) et le groupe aime expérimenter en studio.

 

Le groupe va multiplier les prises, avec des rythmes reggae, sans parvenir à trouver la bonne formule.

Les premières sessions remontent probablement à 1977, lors du travail autour de Some Girls, même si Keith Richards pense que cela date de 1980, pendant les sessions de Emotional Rescue. Sur la chronologie exacte, les récits divergent.

Keith Richards expliquera que le groupe pouvait jouer « Start Me Up » encore et encore en studio, en restant accroché à sa structure très simple, basée sur seulement quelques accords, tout en testant différents rythmes. Le titre de travail du morceau était d’ailleurs « Never Stop » (!).

Finalement le groupe finit par mettre le morceau de côté.

Pour Tattoo You, sorti en 1981, les Rolling Stones vont largement puiser dans leurs archives. L'album est en effet constitué en grande partie d'enregistrements plus anciens, restés inachevés ou inédits.

« Start Me Up » ressort alors des cartons.

Le groupe reprend une ancienne prise (la 2éme plus précisément !) et abandonne finalement l'approche reggae pour revenir à un rythme Rock beaucoup plus direct et nerveux.

Et ça marche ! Le riff de Keith Richards, la rythmique implacable et la voix de Mick Jagger donnent naissance au morceau que l'on connaît aujourd'hui.

« Start Me Up » devient le premier single de Tattoo You et l'un des plus grands tubes de la carrière des Stones.


 

lundi 21 septembre 2026

Slayer « Repentless » sorti il y a 11 ans : retour sur le dernier album du groupe


Nous étions en septembre 2015, Slayer sortait « Repentless », son 11e album studio.
À l'époque, j'avais évidemment publié ma chronique sur SPARK.

Onze ans plus tard, alors que l'album est devenu le dernier disque studio de l'histoire du groupe, retour dans les archives du blog pour relire ce que j'en pensais à sa sortie.

Et visiblement, j'avais quelques petites choses à lui reprocher…

NOTE : 2,5 / 5

"Rien de spécial dans le 11éme et nouvel album de Slayer.
La pochette est somptueuse, certes, mais les riffs sont plutôt redondants, sans être géniaux ou explosifs comme à l'accoutumé.
Pas grand chose à dire au final. Il fallait s'en douter, l'absence de Jeff Hanneman pèse. J'attendais beaucoup de Paul Bostaph, batteur survitaminé, à la frappe qui claque...déjà présent dans le quatuor de Los Angeles entre 1992 et 2002. Mais il n'est pas plus convaincant que ça, et le mix de batterie me paraît un brin bizarre. A des années lumières du festival 'Divine Intervention' ou le métronome feu d'artifice de 'Undisputed attitude'.
Reste quelques bons morceaux tels que 'Repentless', 'Cast the Stillness Comes', le rouleau compresseur 'Vices' ou encore l'ultra efficace 'Take Control' (mon morceau préféré).
Jetez un oeil (un peu plus bas) sur la vidéo de 'Repentless', où le groupe n'a vraiment pas fait dans la dentelle.
L'énergie est quand même là, et  un Slayer même 'moyen' mérite toujours la moyenne.
Cela fait quasi 10 ans que le groupe n'a pas sorti un bon album (2001 : le très hardcore 'God hate us all'). Préoccupant tout de même."

...et le clip de Repentless ci dessous  Featuring un paquet d'acteurs de films d'horreur et série B :
Derek Mears ("Predators", "Friday The 13th"), Tyler Mane ("Halloween"), Jason Trost ("Hatchet III"), Danny Trejo ("Machete", "From Dusk Till Dawn"), Tony Moran ("Halloween"'s Michael Myers, "American Poltergeist"), Sean Whalen ("Men In Black", "Halloween II"), and Vernon Wells ("Mad Max 2", "Commando", "Weird Science").

Tout en délicatesse (effets gores à gogo).


dimanche 20 septembre 2026

Beck 'Ride Lonesome' : Sombre, intime… et absolument superbe

Pas de loufoquerie, pas de crossover de styles à tout-va : avec Ride Lonesome, son 15éme opus, Beck nous livre un album très intime, acoustique et sombre, ponctué de quelques beaux rayons de soleil.

Un de ces albums très personnels qui rappellent Sea Change (2002) ou Morning Phase (2014).

Pour vous situer l’ambiance musicale, l’ombre de Nick Drake plane tout au long du disque, notamment sur In The Night ou Disappearing Act. On retrouve également des réminiscences de Procol Harum et de son mythique A Whiter Shade of Pale sur Beyond The Light, tandis que les Rolling Stones ne sont jamais très loin sur If You Don’t Know What Love Is, qui évoque par moments Wild Horses. Le presque religieux For Your Love nous offre un moment de grâce absolu.

Comme si Beck prolongeait l'esprit de sa reprise des Korgis, Everybody’s Got to Learn Sometime (en 2004)…dans un grand voyage de douze titres.

Le résultat est un album nostalgique, mélancolique et profondément introspectif. À l'opposé de certains de ses disques plus fun, foutraques ou lumineux, on retrouve ici la facette la plus sombre et la plus fragile de Beck.

Et c’est absolument superbe.

La présence de nombreuses cordes autour d’une folk assez minimaliste donne à l'ensemble un côté à la fois classieux et chaleureux, soutenu par une production particulièrement élégante.

Sans oublier les touches country et la guitare pedal steel, très présentes tout au long de l'album, qui accentuent encore son côté cinématographique et donnent parfois l'impression de traverser de grands espaces américains.

Beck lui-même décrit ce nouvel album comme ‘une sorte de voyage acoustique au ralenti, entre crépuscule, désert du Mojave et transe émotionnelle’.

Et ce retour à cette veine n'est pas totalement un hasard : Ride Lonesome retrouve plusieurs musiciens qui avaient accompagné Beck sur Sea Change, Morning Phase et Mutations. L'album est produit par Beck et mixé par Nigel Godrich, déjà aux commandes de Sea Change.

Avec Ride Lonesome, Beck signe donc un album qui semble regarder davantage dans le rétroviseur que vers l'expérimentation. Un disque de solitude, de perte et de mélancolie, mais jamais complètement désespéré.

Note : 4,3 / 5

À écouter : Ride Lonesome, In The Night, For Your Love


 

vendredi 18 septembre 2026

Beabadoobee, Pylon : le coup de cœur de la rentrée

Coup de cœur. ❤️

Elle m’avait subjugué avec la ballade « Death Bed (Coffee for Your Head) » il y a quelques années.

Avec Pylon, son quatrième album, qui sort aujourd’hui, Beabadoobee nous livre un opus alt-rock, un peu pop, parfois électrique, souvent aérien et surtout très bien ficelé. Ça sent bon le rock-grunge des années 90. Que ce soit dans les compos, comme la production.

Et il y a de belles collaborations : Hayley Williams, la chanteuse de Paramore, sur « Nothing To Prove ». Brendan Yates, du groupe punk-hardcore Turnstile, apparaît lui sur « Powerlines », une autre belle réussite de l’album.

On murmure également que Chino Moreno, le chanteur des Deftones, aurait posé des background vocals sur plusieurs titres du projet, contribuant encore davantage à cette ambiance rock/grunge 90’s. À vérifier sur « Powerlines » ? « Satellite » et son refrain très deftonien pourraient également être concernés…

L’album est super cohérent et s’écoute d’une traite. Quelques moments plus énervés côtoient des titres de fin plus folk et doux, comme une entrée progressive dans un rêve.

Son troisième album avait été classé n°1 en Angleterre. Il y a donc fort à parier que celui-ci connaisse un succès encore plus important.

Le rock des années 90 n’a jamais semblé aussi actuel.

Note : 4,4/5 

A écouter en priorité: Write me a letter, Memories, Pylon, nothing to Prove, Power lines, Satellite