mercredi 28 octobre 2026

The Avalanches – 'No Bad Memories' : Review de l'album de la rentrée


Formé en 1997, The Avalanches est un groupe australien de musique électronique, pop et hip-hop. Pionnier et maître incontesté du plunderphonics, le groupe est mondialement célèbre pour son art du sampling intensif.

Avec leur quatrième album, No Bad Memories, dont le titre fait référence à un ancien slogan publicitaire pour des disquettes 5 pouces 1/4 (ci-dessous), les Australiens rendent hommage à la old tech des années 70, 80 et 90 : des sons d’ordinateurs aux jingles radio de l’époque, en passant par les bruitages d’appareils électroniques aujourd’hui obsolètes et des sound effects façon Microsoft ou Atari.

On retrouve également, dans ce disque fleuve, de faux spots publicitaires (comme Superfun!™ TV Spot ou Logoland) et, bien sûr, une multitude de samples vintage.

C’est riche, dense, extrêmement happy et, si le côté expérimental est toujours très présent, l’ensemble possède une homogénéité et une identité pop et groovy indéniables.

Un peu comme un mix entre M83, MGMT et Mr. Bungle, mais aussi Justice, Télépopmusik et Röyksopp.

L’album multiplie les escapades funk et hip-hop (Vida), soul (I Give Everything I Have 2 U) et club : version 80/90 avec Magic Wand, ou plutôt 2000/2010 avec Can’t Get Over Losing You.

Certains morceaux adoptent un format plus conventionnel, avec un potentiel de hits évident : Together, pour le dancefloor, ou Far Away, mélodique et trip-hop.

Côté collaborations, on retrouve Karen O (Yeah Yeah Yeahs), sublime sur Blue Shadows. Rivers Cuomo (Weezer) et Vegyn apparaissent sur All the Time in the World, tandis que Panda Bear (Animal Collective) apporte sa touche hypnotique à Highfield.

La légende Mike Patton (Faith No More / Mr. Bungle) s’improvise voix de publicité rétro sur Paradise Island, Superfun!™ TV Spot et Total Recall. Sur Superfun!™ TV Spot, il partage notamment l’affiche avec l’acteur Haley Joel Osment (Sixième Sens, vous vous souvenez ?), également présent sur El Dorado TV Spot.

Sans oublier la pionnière des synthétiseurs Suzanne Ciani, qui apporte sa touche à Our Love Is Alive, ou encore la chanteuse Carly Simon, invitée sur One More Fantasy.

C’est vraiment très frais, spontané et moderne, malgré ce concept nostalgique qui traverse plusieurs décennies, des années 70 aux années 2000.

En réalité, cet opus regorge de tubes en puissance. Si ça break, c’est le succès mondial et le statut culte assurés !

L’album est un véritable rayon de soleil. Tellement gai, tellement heureux. Il est dense, mais se déguste facilement. Court et digeste dans son format : 31 titres sur l’édition numérique, et on reste presque sur sa faim !

Pour moi, LA sortie de la rentrée.

Mes petites perles :

  • Together : un hymne électro-pop.

  • Far Away : superbe, vintage et nostalgique.

  • Blue Shadows : une électro-pop nappée et laquée, portée par la voix de Karen O.

  • I Give Everything I Have 2 U : un tube soul et R’n’B en puissance. Parfait pour la bande-son d’un Tarantino.

  • All the Time in the World : optimiste comme du MGMT, avec de forts accents « Phoenixiens ».

  • Highfield : intense et hypnotique.

  • One More Fantasy : retour dans les années 80, entre BO de blockbuster et romans de Bret Easton Ellis. Mélodie imparable.

  • Our Love Is Alive : du M83, avec le côté happy en plus.

  • Total Recall : un véritable bordel « Pattonien », avec des interludes synthé en mode Jean-Michel Jarre sous amphétamines !

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